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samedi 29 novembre 2008
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Aux détours du monde, c’est souvent une chanson, un rythme, le son d’un instrument qui nous évoquent une culture, un pays, un peuple. Aux détours du monde, des peuples sont en situation de combattre pour vivre et survivre.
Et aux détours du monde, ce ne sont pas toujours les armes qui leur permettent de résister. Parfois, c’est une chanson, un rythme, le son d’un instrument qui représentent ce dont ces peuples ont besoin : le souffle de la vie.
Juluka, Ibhola Lethu (Afrique du Sud) :
Juluka, Musa Ukungilandela (Totem Records / Just’In - 1984)
En Afrique du Sud, la résistance n’est pas qu’affaire de souffrances. C’est autour des stades de football qu’une résistance festive s’organise : le groupe Juluka de Johnny Clegg et Sipho McChunu chantait Ibhola Lethu / notre football.
Le simple fait de faire vivre une culture à travers sa musique représente, dans les cas extrêmes, la plus formidable preuve de sa vitalité. Venu de la Tchétchénie étouffée sous le feu de l’armée russe, le groupe Pankissi chante la vie.
Pankissi, Milavou t’om biézach (Tchétchénie) :
3’51 Pankissi, Musique de Tchétchénie (autoprod.)
Parfois, la musique ne suffit pas. Les musiciens de Tinariwen ont d’abord été des combattants en armes avant de troquer la kalachnikov pour, ultime contrepied à tous les clichés, la guitare électrique. Ils chantent la résistance, la culture touareg, le monde tel qu’il est.
Tinariwen, Awa Didjen (Touareg) :
4’12 Tinariwen, Ama Iman
Symbole vivant de la culture kurde, le chanteur Sivan Perwer signe, avec Helebce, du nom de la ville martyre bombardée aux armes chimiques par Saddam Hussein, une œuvre remarquable qui est à la chanson ce que fut Guernica à la peinture.
Sivan Perwer, Helebce (Kurdistan) :
5’45 Sivan Perwer, Min Bêriya Te Kiriye (Daqui)
Mais une culture ne souffre pas que d’agressions extérieures. Elle est parfois l’otage de ses propres fondamentalistes qui l’instrumentalisent en même temps qu’ils la malmènent. Là encore ce sont des musiciens, bien souvent, qui font reculer les ténèbres. Parfois, ils y perdent la vie comme Lounès Matoub. Ne te morfonds pas…
C’est dans la vie que les artistes trouvent les ressorts de la résistance. Face au putsch militaire de 1964, de jeunes artistes intellectuels brésiliens fondent le Tropicalisme, et tentent de fonder les bases d’une autre identité brésilienne, universelle : Caetano Veloso, Gilberto Gil ou encore Maria Bethânia, qui compose un manifeste Carcara.
Maria Bethânia, Carcara (Brésil) :
3’13 Maria Bethânia, Verdades E Mentiras
Des Amériques s’élevera une autre voix de la résistance qui passera les frontières d’une petite île appelée Jamaïque. Les rastas du reggae proposent une autre forme de résistance, en s’inventant un monde où le fait d’être noir n’est plus un handicap, mais un atout. Tributaire de ce nouvel universel, Bob Marley offre aux combattants de la liberté de ce qui s’appelait encore, pour peu de temps, la Rhodésie, une chanson : Zimbabwe.
Bob Marley & The Wailers, Zimbabwe (Jamaïque) :
Bob Marley & The Wailers, One Day
Que dire de la place des femmes dans cette résistance dont le moteur est la vie ? Parlons de Yungchen Lhamo qui fait s’élever la voix du Tibet en exil sur les scènes du monde ou de Farida Mahwash, qui du quitter l’Afghanistan, où les Talibans allèrent jusqu’à interdire la musique, comme ils avaient interdit de vivre une vie de femme.
Pour boucler la boucle, en n’oubliant pas d’évoquer toutes les résistances musicales du monde, des palestiniens, des ouïgoures, des aborigènes ou des amérindiens, par exemple, retour en Afrique du Sud, et l’immense espoir engendré par la chute du régime d’apartheid : là encore, les musiciens sont présents, comme quand Sam Tshabalala chante à tous les membres de la nouvelle nation Mpuleleng / Bienvenue.
Sam Tshabalala & Sabeka, Mpuleleng (Afrique du Sud) :
4’06 Sam Tshabalala & Sabeka, Communication (Heaven&Earth - 2002)