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samedi 29 novembre 2008
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Sur le thème des musiques du monde via nos maisons de disques occidentales...
Aux détours du monde, on rencontre souvent une idée étrange, celle qui veut qu’un artiste, qu’un être humain, se résume aisément dans un simple morceau de tissu qu’on appelle un drapeau. A l’inverse, à écouter les sons qui nous arrivent du monde, on est souvent frappé par une autre idée saugrenue que se font certains producteurs, qui ne conçoivent ces musiques que réadaptées à nos oreilles, "occidentalisées".
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Parmi eux, un jeune sénégalais de la confrérie des Bayefall, joueur de guimbri et guitariste, lors d’un voyage au Maroc, tombe littéralement amoureux de la musique gnawa, la musique des descendants d’esclaves noirs. Nuru Kane & Bayefall Gnawa se lancent dans l’exploration d’un univers musical entre Maghreb et Afrique noire.
Nuru Kane, Niane (Sénégal, Maroc) :
Nuru Kane, Sigil - World Music Network, 2006.
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L’exploration, la curiosité, voilà bien des vertus essentielles à tout musicien. Des vertus érigées en esthétique par les tropicalistes brésiliens, qui prônent le cannibalisme culturel, la capacité à faire siennes les imageries culturelles d’autrui. Ainsi de Maria Bethania, qui invite les suds-africains de Ladysmith Black Mambazo et leurs polyphonies le temps d’une chanson.
Maria Bethania feat. Ladysmith Black Mambazo, Ofa (Brésil, Afrique du Sud) :
Maria Bethania, Maria - BMG Brasil, 1988.
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L’anthropologue Paul Gilroy décrit dans son ouvrage "L’Atlantique noir" un espace culturel commun aux Noirs des deux rives de l’océan. Et de fait, les styles musicaux voyagent en transat, comme le reggae, devenu africain en Côte-d’Ivoire, par exemple.
Tiken Jah Fakoly, Françafrique (Côte-d’Ivoire) :
Tiken Jah Fakoly, Françafrique - Barclay, 2002.
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Et si l’identité qui était en jeu dans tout ces croisements, avant d’être la couleur de peau, résidait d’abord dans l’amour commun de la musique ? Ce partage qu’assument Idir et Geoffrey Oryema sur un album nommé "Identités".
Idir & Geoffrey Oryema, Dayrib (Algérie-France, Ouganda) :
Idir, Identités - Sony, 1999.
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Pourquoi devrait-on absolument rechercher autre chose que des affinités électives entre deux artistes, deux individus, dans ces rencontres artistiques transculturelles ? Ainsi, du mariage improbable entre Goran Bregovic et la diva capverdienne Cesaria Evora…
Des mariages plus probables sont ceux que font faire l’Histoire. Mariages heureux, sur fond de musique Al-Andalus, entre les Marocains et les Espagnols de IBN Baya. Et si l’Orient lointain commençait en Espagne ?
IBN Baya, Mawwal sobre Tab’, Raml Al-Maya (Maroc, Espagne) :
IBN Baya Ensemble, Musica Andalusi - Sony, 1999.
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Mariages d’amour aussi - et cette fois c’est plus vers la géographie qu’il faudra aller chercher - celui que porte l’Argentin Ramiro Musotto aux musiques du voisin et grand Brésil. Et Ramiro de devenir l’un des meilleurs percussionnistes brésiliens, ou argentins… on ne sait plus.
Ramiro Musotto, Gwira My (Argentine, Brésil) :
Ramiro Musotto, Civilizacao & Barbarye - Los Anos Luz, 2006.
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On branche, on fusionne, on colle et, avec un peu de sincérité, on parvient parfois à des petits miracles, dans un monde qui, dit-on, rétrécit. Kabul Workshop, ce sont des musiques d’Afghanistan, des instruments indiens et beaucoup de talent. Authentique ? Fabriqué ? De la musique, avant toute chose…
Kabul Workshop, Trigana Remix (Afghanistan, France, Inde, Italie) :